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Prix étudiant de la SHC

PRIX  JEAN-MARIE-FECTEAU

Le prix est décerné au meilleur article publié dans une revue évaluée par les pairs (y compris des revues étudiantes) par un étudiant au niveau de la maitrise ou du doctorat, en français ou en anglais.

Lauréats

2018

Julien Mauduit, « L’économie politique des patriotes, entre capitalisme et socialisme ». Bulletin d’histoire politique, volume 25, numéro 2, hiver 2017.

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Le jury du Prix Jean-Marie Fecteau de la SHC a choisi à l’unanimité de décerner le prix 2018 à Julien Mauduit pour son article intitulé « L’économie politique des patriotes, entre capitalisme et socialisme ». Parmi les excellents articles reçus cette année, celui de M. Mauduit se démarque par sa qualité remarquable et le caractère innovateur de sa thèse. Dans l’historiographie canadienne et québécoise, peu d’événements du 19e siècle ont été aussi étudiés que les Rébellions de 1837-1838. Pour des générations d’historiens francophones et anglophones, le programme économique des Patriotes du Bas-Canada a même été un champ de bataille historiographique. Revisitant ce sujet avec une nouvelle approche et une recherche documentaire minutieuse, Julien Mauduit démontre que loin d’être contradictoire, la vision économique des Patriotes s’inscrit dans la suite logique de leur républicanisme et de leur adhésion au libéralisme de leur époque. En adoptant une approche comparative soulignant les similitudes qui unissent les républicains du Haut et du Bas-Canada dans leur lutte en faveur d’un commerce libéré de l’influence des monopoles, l’article de M. Mauduit contribue habilement à une histoire intégrée des mouvements politiques ayant mené aux Rébellions dans les deux colonies.   

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2017

Krista Barclay, “From Rupert’s Land to Canada West: Hudson’s Bay Company Families and Representations of Indigeneity in Small-Town Ontario, 1840–1980". Journal of the Canadian Historical Association / Revue de la Société historique du Canada 26, 1 (2015): 67-97.

kbarclay[1]_copy.jpgL'article de Krista Barclay utilise des sources archivistiques et des sources familiales pour faire la critique des souvenirs communautaires du patrimoine autochtone qui se fondent davantage sur le mythe que la réalité. Barclay s'appuie sur l’héritage de biens familiaux pour souligner le rôle des femmes autochtones dans les familles ontariennes, rôle qui a longtemps été ignoré dans la communauté par oubli ou souci délibéré. L’intégration de l’historiographie dans le cadre de sa recherche archivistique et familiale démontre l’habileté de Barcaly d’écrire et de transmettre l'histoire aux personnes les plus affectées. Ses critiques sur la façon dont la commémoration peut omettre les complications auxquelles ont fait face les femmes autochtones et leurs enfants dans la société coloniale sont particulièrement convaincantes et pertinentes dans la perspective du 150e du Canada.

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2016

Daniel Ross, « "Vive la vélorution !" : Le Monde à bicyclette et les origines du mouvement cycliste à Montréal, 1975-1980 ». Bulletin d'histoire politique, vol. 23, n° 2, 2015.

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L'article de Ross sur les mobilisations citoyennes à Montréal souligne les rôles d’outil de résistance et de mobilisation politique du vélo. Attentif au contexte politique des années 1970 sur la scène municipale, l'auteur traite des différentes réactions des acteurs (politiciens, militants, journalistes) vis-à-vis ce mode de transport et, plus largement, face au transport collectif.

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2015

Sarah Shropshire, “What’s a guy to do?: Contraceptive responsibility, confronting masculinity and the history of vasectomy in Canada.”

jm_fecteau_winner_photo.jpgShropshire propose une relecture intéressante de l’histoire de la contraception au Canada à partir du point de vue masculin. À une époque où la paternité est en constante évolution, la vasectomie gagne en importance. L'auteur fournit un historique concis, mais très informatif de la vasectomie au Canada, dans lequel elle retrace l'évolution de la procédure et le discours de la masculinité développé autour de celle-ci. Elle démontre aussi le rôle central de la profession médicale dans la définition et la prestation de service.  Cela lui permet de faire dialoguer plusieurs historiographies, dont l’histoire de la médecine et du genre. Au final, elle fait valoir que malgré une plus grande ouverture envers la vasectomie, le discours maintenant utilisé pour convaincre les hommes d’obtenir la procédure reproduit encore une idéologie datée de masculinité hégémonique.


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2014

Alexandre Turgeon, « “Toé, tais-toé!” et la Grande Noirceur duplessiste. Genèse d’un mythistoire » (Histoire sociale/Social History Vol. XLVI, no 92: Novembre / November 2013).

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« ’Toé, tais-toé’ et la Grande noirceur duplessiste. Genèse d’un mythistoire » d’Alexandre Turgeon est une exploration fascinante de la genèse et de la perpétuation des mythes, comme en témoigne l'histoire tout aussi fascinante d’un éclat public de Maurice Duplessis... qui n'a jamais réellement eu lieu. Pour Turgeon, le célèbre « Toé , tais-toé » est une histoire qui porte sur l'interaction entre la réalité et la fiction. Grâce à une lecture attentive de la presse, et en particulier le travail du caricaturiste Robert La Palme, l'auteur retrace la façon dont l'expression s'est emparée de l'imagination du public, car elle symbolise parfaitement le caractère brusque et autoritaire de Duplessis et de son régime tel qu’il est perçu. L'analyse bien conçue de Turgeon de la construction des mythes ajoute de manière significative à nos connaissances sur le rôle joué par les médias dans le façonnement de la perception publique du pouvoir à l'époque de Duplessis. Son approche micro-historique illustre avec succès le va-et-vient entre l'histoire et la fiction et le processus de construction d’un mythistoire. 

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