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Le prix Sir John A. Macdonald

Le prix Sir-John-A.-Macdonald consacre l'ouvrage en histoire du Canada jugé comme apportant la contribution la plus significative à la compréhension du passé canadien.


macdo_f.jpgManuvie et le prix Sir-John-A.-Macdonald

Le prix Sir-John-A.-Macdonald est attribué annuellement au meilleur livre savant en histoire canadienne et est décerné, depuis 2009, à la cérémonie des Prix du Gouverneur général pour l'excellence en enseignement de l'histoire canadienne à Rideau Hall à Ottawa, en plus d’être présenté à la réunion annuelle de la SHC depuis les tous débuts du prix.

La société historique du Canada/Canadian Historical Association est heureuse du partenariat qu’elle a établi avec Manuvie comme commanditaire du prix Sir-John-A.-Macdonald au montant de 5 000$ depuis 2010. La SHC est ravie de poursuivre son association avec Manuvie pour reconnaître et promouvoir l'excellence en érudition historique. 

 


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Lauréats du prix Macdonald

2017

Sarah Carter, Imperial Plots: Women, Land, and the Spadework of British Colonialism on the Canadian Prairies. Winnipeg: University of Manitoba Press, 2016.

carter_photo0001_copy.jpgCe livre explique la fondation de l'Ouest canadien en tant que colonie britanno-canadienne et révèle comment les droits de propriété ont été refusés aux femmes lors de la mise en valeur et l’occupation du territoire. Le livre fait état des remises en cause amères sur ce que signifie être « canadien », démontrant que le genre, la race et la propriété ont été essentiels à la création de ce pays. Carter passe brillamment du niveau macro des visions nationales et impériales au niveau micro de certaines femmes. Même si personne ne devrait être surpris que l'impérialisme ait été au cœur de la colonisation des territoires autochtones de l'Ouest, Carter expose à quel point les décideurs canadiens ont voulu exclure les femmes mariées du droit à la propriété. En comparant avec l'Ouest américain, nous apprenons que la force de cette opposition était essentiellement canadienne. En effet, avant et après le contact, les femmes autochtones étaient les agriculteurs des Grandes Plaines. Pourtant, après l'établissement des réserves des prairies, les femmes autochtones étaient limitées aux potagers, tandis que les hommes blancs ont pris la place qui leur revenait sur les terres. Imperial Plots porte sur la fin du XIXe et le début du XXe siècle et traverse les limites provinciales et nationales. Sarah Carter apporte une contribution remarquable à notre compréhension de l'émergence du Canada comme pays et met en lumière les luttes en cours pour l'égalité des sexes et les droits autochtones ainsi que sur les relations humaines avec leurs environnements naturels.

Oeuvres en lice

Ian McKay and Jamie Swift, The Vimy Trap, or, How We Learned to Stop Worrying and Love the Great War.  Toronto: Between the Lines, 2016.

Sean Mills, A Place in the Sun: Haiti, Haitians, and the Remaking of Québec.  Montreal and Kingston: McGill-Queen’s University Press, 2016.

Adele Perry, Colonial Relations: The Douglas-Connolly Family and the Nineteenth-Century Imperial World.  Cambridge: Cambridge University Press, 2015.

Ronald Rudin, Kouchibouguac: Removal, Resistance, and Remembrance at a Canadian National Park.  Toronto: University of Toronto Press, 2016.

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Robert C.HSweeny, Why Did We Choose to Industrialize?  Montreal, 1819-1849.  Montreal and Kingston: McGill-Queen’s University Press, 2015.

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Dans son œuvre, Why Did We Choose to Industrialize?, Robert Sweeny présente un argument érudit et passionné en faveur d’une réflexion sur l'histoire canadienne. Dans ce livre provocateur, Sweeny répond à la question pourquoi avons-nous choisi d’industrialiser ? en amorçant un dialogue avec les historiens qui ont étudié l'histoire de Montréal, mais aussi en retraçant l'évolution de sa propre pensée au cours des dernières décennies. Sweeny soutient que les historiens font partie intégrale de l’histoire et qu’ils doivent ainsi contextualiser et comprendre la façon dont leur propre conception du passé influence les sources qu'ils utilisent et les questions qu'ils posent. Son questionnement et la mise en contexte des sources jettent une lumière sur le processus créatif en évolution d'un historien alors qu’il a lui-même reconsidéré, interrogé et révisé ses conclusions dans le sillage des nouvelles façons de penser qui ont été adoptées par les intellectuels au cours des quarante dernières années. Selon lui, la réponse à la question du titre de son livre (sans en divulguer les conclusions) se trouve dans l'exploitation du travail non libre pour la production de produits de base, ainsi que dans l'émergence du libéralisme et son évaluation foncière. Le travail de Sweeny appartient à l'histoire économique, la géographie historique et l’historiographie. Il est l'œuvre d'un historien politiquement engagé qui reconnaît la nature politique et éthique des débats historiques. Pour les historiens qui réfléchissent sérieusement à ce que nous faisons et la façon dont nous nous y prenons pour le faire, Why Did We Choose to Industrialize? est un modèle d'engagement intellectuel qui contient des réflexions précieuses sur l’importance de l'histoire canadienne et comment nous devrions dorénavant l’aborder.

Oeuvres en lice

Caroline Durand,
  Nourrir la machine humaine.  Nutrition et alimentation au Québec, 1860-1945.  Montreal and Kingston: McGill-Queen’s University Press, 2015.

Craig Heron,  Lunch-Bucket Lives: Remaking the Workers’ City.  Toronto: Between the Lines, 2015.

Michel Hogue,  Metis and the Medicine Line: Creating a Border and Dividing a People.  Regina : University of Regina Press 2015.

Douglas McCalla, Consumers in the Bush: Shopping in Rural Upper Canada.  Montreal and Kingston: McGill-Queen’s University Press, 2015.

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2015 

Jean Barman, French Canadians, Furs, and Indigenous Women in the Making of the Pacific Northwest. Vancouver : UBC Press, 2014.

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Portant sur une histoire longtemps oubliée, cet ouvrage illustre de brillante manière l'influence que les Canadiens français et leurs partenaires autochtones ont eue dans la création de la région nord-ouest du Pacifique du XIXe au XXIe siècle. En « se mettant à l’écoute de récits », en adoptant une approche qui tient compte à la fois des structures inhérentes à la traite des fourrures et de l’agentivité des Canadiens français et en ayant recours à des sources aussi bien qualitatives que quantitatives, Jean Barman reconstitue la vie de plusieurs familles engagées dans la traite des fourrures et la production agricole, et ce sur trois générations. Elle suit leur parcours alors qu’elles édifiaient leur foyer et façonnaient leur identité dans le contexte de l’émergence d’une politique impériale, et plus tard nationale, qui menaçait leur existence dans la région. Couvrant une longue période et une aire géographique étendue, l’ouvrage s’inspire d’une vaste littérature internationale portant sur l'impérialisme, le colonialisme et la formation de l'État. Bien que reposant sur une enquête méticuleuse, l’ouvrage ne perd jamais de vue le rôle que les individus et les familles ont eu dans le façonnement de notre passé et de notre présent. French Canadians, Furs and Indigenous Women est une contribution majeure à l'historiographie canadienne et internationale ainsi qu’à l’histoire des familles autochtones et canadiennes-françaises dans le Nord-Ouest. Cette œuvre contribuera certainement à la recherche sur l'impérialisme, la formation de l'État et la création du patrimoine, et ce pour plusieurs années à venir. 

Jean a également reçu le prix du Gouverneur général pour la recherche savante le 16 octobre 2015
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Oeuvres en lice

Jennifer L. Bonnell, Reclaiming the Don: An Environmental History of Toronto’s Don River Valley. Toronto: University of Toronto Press, 2014.

Nicholas Kenny, The Feel of the City: Experiences of Urban Transformation. Toronto: University of Toronto Press, 2014.

Ian Milligan, Rebel Youth: 1960s Labour Unrest, Young Workers, and New Leftists in English Canada. Vancouver: UBC Press, 2014.

Brian Young, Patrician Families and the Making of Quebec: The Taschereaus and McCords. Montreal & Kingston: McGill-Queen’s University Press, 2014.

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2014

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James Daschuk, Clearing the Plains: Disease, Politics of Starvation, and the Loss of Aboriginal Life. Regina: University of Regina Press, 2013.

Dans ce récit bouleversant, James Daschuk relate le rôle qu’ont joué les épidémies, le commerce mondial, les changements environnementaux et la politique gouvernementale dans la vie des Autochtones des Plaines du Canada entre le début du XVIIIe siècle et la fin du XIXe siècle. Daschuk utilise habilement ??l'ethnohistoire, l’histoire de la médecine, de l’environnement et économique ainsi que l'économie politique pour produire une analyse globale convaincante. Il situe son analyse dans le contexte historique plus large de l'échange colombien, la ruée vers les terres, la montée d'une économie capitaliste mondiale ainsi que la dépossession des peuples autochtones qui se produisait un peu partout sur la planète.

Comme le démontre adroitement l’auteur, les problèmes persistants de santé et de pauvreté dont souffrent présentement les communautés autochtones ont des racines profondes, complexes et systémiques. Initialement, l'impact des maladies biologiques dans la foulée de l’expansion du commerce a dévasté certaines Premières nations tout en offrant des conjonctures économiques et territoriales attrayantes pour d’autres. Mais l'histoire de la propagation de la maladie comme processus organique a cédé sa place à une malveillance délibérée des acteurs humains. L'effondrement démographique de la population autochtone de l'Ouest provoquée par la tuberculose après 1870 est directement attribuable à la décision du gouvernement canadien d'utiliser la « politique de la famine » pour contraindre les Autochtones au programme de développement de l'État et d'éliminer ce qu'ils considéraient comme un obstacle au développement « national ». Daschuk nous rappelle que le Canada possède son propre passé impérial qui contraste avec le mythe classique du Canada comme étant un royaume « pacifique » et « légitime ». L'héritage des politiques racistes qui ont naturalisé les Autochtones comme étant malsains, physiquement faibles et incapables de s'adapter au monde moderne est toujours présent aujourd’hui.

Oeuvres en lice

Erika DyckFacing Eugenics: Reproduction, Sterilization, and the Politics of Choice. Toronto: University of Toronto Press, 2013.

Kathryn Magee LabelleDispersed But Not Destroyed: A History of the Seventeenth-Century Wendat People. Vancouver: UBC Press, 2013.

Stéphane SavardHydro-Québec et L'État québécois, 1944-2005. Québec: Septentrion, 2013.

Todd WebbTransatlantic Methodists: British Wesleyanism and the Formation of an Evangelical Culture in Nineteenth-Century Ontario and Quebec. Montreal & Kingston: McGill-Queen's University Press, 2013.

 

Le récipiendaire du Prix Sir-John-A.-Macdonald reçoit également le Prix d’histoire du Gouverneur général pour la recherche savante. La remise des Prix d'histoire du Gouverneur général 2014 s'est tenue le 3 novembre 2014, à Rideau Hall, à Ottawa.

La présidente de la SHC,
Dominique Marshall
présente James Daschuk
James lors de sa courte allocution
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James reçoit le Prix d’histoire pour la
recherche savante des mains du
gouverneur général David Johnston
James et sa famille en compagnie du gouverneur général
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Mention de source : Sgt Ronald Duchesne, Rideau Hall
©Sa Majesté la Reine du Chef du Canada représentée par le Bureau du secrétaire du gouverneur général, 2014.

Baladodiffusion : la recherche historique sur le Canada et ailleurs (en anglais)

Pour la première fois, les lauréats des deux plus hautes distinctions décernées chaque année par la Société historique du Canada se sont réunis pour un échange avec le public et entre eux. Jim Daschuk, auteur du récit de la « famine forcée » des peuples autochtones des plaines canadiennes au XIXe siècle et Mark Phillips, dont le livre explore les nombreuses façons par lesquelles les historiens et leurs objets sont à la fois « éloignés » et à proximité, ont tenu une conversation publique le samedi 1er  Novembre 2014 en après-midi à l’Hôtel de Ville d’Ottawa.

Daschuk a conversé sur le long processus de sa recherche et sur les nombreuses réactions qu'elle a suscitées parmi les Premières Nations et les Canadiens d'origine européenne, y compris les questions de la part des responsables de la commémoration du 200e anniversaire de la naissance de John A. Macdonald qui ont témoigné un certain malaise à le faire. Phillips a parlé de la genèse de l'idée d'explorer le caractère relatif de la distance dans le temps et l'espace, entre les chercheurs et les personnes qu’ils étudient. Il a lu les premières pages de ses écrits et ceux de sa conclusion sur sa compréhension personnelle du massacre de My Lai perpétré par des soldats américains pendant la guerre du Vietnam ainsi que la tentative de diabolisation de l'officier militaire qui l’a dénoncé à l'époque.

La SHC tient à remercier Activehistory.ca pour avoir afficher l’enregistrement de la discussion sur son site Internet.

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2013

William Wicken. The Colonization of Mi’kmaw Memory and History, 1794-1928: The King v. Gabriel Sylliboy (University of Toronto Press, 2012)

Rédigée dans un style sobre et économique, cette étude fine et solidement argumentée de la mémoire et de la signification a recours de manière créatrice à un large éventail de sources pour répondre à des questions épistémologiquement nouvelles, mais centrales à la démarche historique. Remontant le temps à partir du procès de Gabriel Silliboy en 1928, l’ouvrage révèle comment une succession de générations d’Autochtones se sont remémorées un traité signé au dix-huitième siècle. Ces questions concernant le rapport entre mémoire et droits des Autochtones fait de The Colonization of Mi’kmaw Memory and History un ouvrage qui met de l’avant un argument provocant à propos d’un sujet important pour l’histoire canadienne.

Le professeur Wicken parle de son livre (en anglais) http://www.youtube.com/watch?v=N89kpr3kEUI&feature=c4-overview&list=UU8OzrUVarfqUtn87_zFrn-g

Mentions honorables :

Shelley A. M. Gavigan, Hunger, Horses, and Government Men: Criminal Law on the Aboriginal Plains, 1870-1905. Vancouver: UBC Press, 2012.
 

Hunger, Horses, and Government Men: Criminal Law on the Aboriginal Plains, 1870-1905 fait le pont entre l‘histoire et le droit pour documenter la relation complexe qui a existé entre les Premières Nations des Prairies et le droit pénal canadien. S’appuyant sur un corpus substantiel tiré de deux séries de dossiers des tribunaux pénaux couvrant les périodes 1876-86 et 1887-1903, l’ouvrage explique ce que la loi signifiait pour les Autochtones à une époque où le système colonial se durcissait. En cherchant à comprendre « le processus de criminalisation sur le terrain » (184), Gavigan apporte une contribution importante à l’histoire du droit et à celle des Prairies.

Reg Whitaker, Gregory S. Kealey and Andrew Parnaby, Secret Service: Political Policing in Canada from the Fenians to Fortress America. Toronto: University of Toronto Press, 2012.
Cet ouvrage pourrait bien être l’étude définitive des services de renseignements et de la sécurité au Canada pour les années à venir. Ce récit vivant, porteur d’une analyse fine, montre clairement que pour la plus grande partie de leur histoire, les services de renseignements canadiens n’espionnaient pas à l’étranger, mais sur leur propre sol, reflet d'une obsession pour les « éléments subversifs » qui pouvaient perturber le statu quo au Canada. Cet ouvrage très solidement documenté (malgré les difficultés évidentes d’accès aux sources), rédigé avec élégance est remarquablement impartial compte tenu de la délicatesse du sujet et du fait que l’un des auteurs fut lui-même l’objet de surveillance.

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2012

François-Marc Gagnon, Nancy Senior et Réal Ouellet, The Codex Canadensis and the Writings of Louis Nicolas. McGill-Queen’s University Press, 2011. Dans cet ouvrage d’une très grande beauté, F-M Gagnon et ses collaborateurs ont réuni deux œuvres conservées en des lieux très distants et peu connues, même des spécialistes, l’une étant faussement assignée à un auteur et l’autre étant restée sans attribution. La première, l’Histoire Naturelle des Indes Occidentalesfait partie des collections de la Bibliothèque nationale de France. La seconde, le Codex Canadensis, est conservée au Gilcrease Museum de Tulsa et constitue une collection de 180 illustrations représentant les peuples, la faune et la flore du Nouveau Monde au dix-septième siècle. Un travail savant et méticuleux d’investigation a permis aux auteurs de conclure qu’il s’agit en fait de deux volumes complémentaires, rédigés au tout début du dix-huitième siècle par un même auteur, le missionnaire Jésuite Louis Nicolas. Les deux textes s’éclairent l’un l’autre, constituant un tout qui représente plus que la somme de ses deux parties.

Si l’identification de la provenance et de l’auteur de ces deux manuscrits reproduits et traduits est un modèle d’érudition, l’appareil scientifique déployé pour analyser ces documents est un modèle de contextualisation. La longue introduction, les nombreuses notes très fouillées et le glossaire très détaillé contribuent tous à placer ce corpus à un moment clé de l’évolution de la pensée scientifique et de la conception du monde naturel en Europe. Les illustrations du Codex et les descriptions de l’Histoire naturelle ne visent pas l’objectivité. Elles constituent plutôt des constructions reposant sur une base épistémologique spécifique à une époque et qui est sur le point de disparaître. Entre autres, elles signalent le passage d’une vision de la nature comprise en fonction de son utilité pour l’humanité au concept même de « l’ordre » de la nature. L’analyse perspicace fournit un cadre nuancé qui permet au lecteur moderne d’appréhender et de comprendre ces deux documents par ailleurs étranges. On ne peut trop louer cet ouvrage. Objet physique d’une grande beauté, il est d’une conception et d’une exécution de tout premier ordre. En tant que travail de reconstitution et de présentation intelligent et créatif, il est impeccable. Résultat d’une recherche interdisciplinaire, il est simplement sans équivalent. Finalement, le Codex Canadensis and the Writings of Louis Nicolas nous rappelle que la recherche historique digne de récompense ne se limite pas qu’aux monographies savantes.

Mentions honorables :

Donica Belisle, Retail Nation: Department Stores and the Making of Modern Canada. UBC Press, 2011. Retail Nation est une contribution importante à l’histoire du développement de la consommation de masse au Canada, de la fin du dix-neuvième et au milieu du vingtième siècle. Ce livre décrit l’émergence, puis les périodes de prospérité et de déclin de trois chaînes de grands magasins – Eaton, HBC et Simpson’s –  qui ont accaparé une plus grande part des dépenses de consommation que leurs équivalents dans d’autres pays  et qui sont devenues des emblèmes du nationalisme canadien-anglais. Ces magasins ont fait plus que vendre des marchandises; ils ont publicisé des formes particulières de consommation qui ont contribué à la construction d’une forme de modernité basée sur le consumérisme en régime capitaliste. Tout en reconnaissant que la nostalgie imprègne l’image de ces magasins, l’auteure ne perd pas de vue les coûts sociaux et autres que ceux-ci ont entraînés au cours des décennies. Les trois compagnies ont été critiquées, et même remises en question, pour avoir forcé d’autres commerçants à fermer leurs portes, pour avoir exploité leurs employés en les assujettissant à des règlements paternalistes tatillons, et même pour la qualité de leurs services. Belisle explore en détail et très intelligemment les rapports inégaux de classe, race et genre qu’ils ont établis, explorant en particulier la manière dont le genre marque les relations entre les magasins, leurs employées et leurs clientes. L’ouvrage est écrit avec beaucoup de verve, fait preuve d’une solide connaissance de l’historiographie du domaine et reflète une recherche minutieuse. Il deviendra une référence pour l’étude de la société de consommation au Canada.

Sherry Olson and Patricia A. Thornton, Peopling the North American City: Montreal 1840-1900. McGill-Queen's University Press, 2011Cette œuvre de grande envergure, issue de la participation des auteures au Projet d’histoire de Montréal, cherche à comprendre comment cette ville, et par extension les grands centres urbains nord-américains, se développent dans la seconde moitié du dix-neuvième siècle. Les auteures suivent une sous-population d’individus portant une douzaine de patronymes représentatifs des trois communautés canadienne-française, anglo-protestante et irlandaise catholique qui composent la population de Montréal entre 1840 et 1900. Elles en retracent les stratégies maritales et nuptiales, ainsi que les mobilités sociales et géographiques à Montréal et ses environs. Ce faisant, elles décortiquent les facteurs structurels et culturels qui façonnent les étapes de la vie de ces personnes. Contrairement aux économistes et aux démographes qui expliquent la transition démographique en termes structurels (urbanisation, industrialisation, progrès de l’alphabétisation, augmentation des revenus), les auteures concluent que la culture joue un rôle déterminant dans les choix démographiques des membres de ces trois communautés. Du début à la fin de la période à l’étude, celles-ci restent différentes, qu’il s’agisse de leurs indicateurs démographiques fondamentaux, de leurs lieux de résidence, de leurs modes de mobilité sociale et géographique, de leurs réseaux de parenté et de sociabilité ; même si toutes trois évoluent avec le temps, leurs trajectoires ne deviennent jamais identiques. L’approche très quantitative et structurelle n’empêche pas les auteures de faire preuve d’une étonnante empathie, ce qui les amène à reconstituer par moments les parcours de certains individus confrontés à des choix de vie. Conjuguée à une prise en compte des diverses matérialités du milieu urbain dans lequel évoluent les acteurs, cette empathie donne vie à la population à l’étude, qui resterait sans quoi très abstraite.

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2011

Michel Ducharme, Le concept de liberté au Canada à l’époque des Révolutions atlantiques (1776-1838). 

Dans ce livre original et provocateur, Michel Ducharme associe les débats politiques menés dans le Haut et le Bas Canada d’avant 1840 à des conceptions différentes de la liberté, hostiles à l'absolutisme et issues de la philosophie politique du 18e siècle et début du 19e. S’appuyant sur une connaissance approfondie de la philosophie politique et des débats politiques du temps, ce livre propose une interprétation neuve et bien argumentée sur une période cruciale de l’histoire canadienne. Affirmant que les mouvements de protestation d’alors doivent plus aux chocs entre différents courants intellectuels qu’au contexte socio-économique, il se distingue nettement des interprétations usuelles et marque un tournant important de l'historiographie canadienne.

Mentions honorables :


Sean Mills
. The Empire Within; Postcolonial Thought and Political Activism in Sixties MontrealCet ouvrage relie les mouvements de protestation montréalais des années 1960 à la pensée postcoloniale tiers-mondiste, tout en les situant dans le contexte d’une lutte anti-coloniale mondiale. Au-delà de leur diversité, tous ces mouvements montréalais partageraient ainsi le même anticolonialisme jusqu'à ce que, incapables de résoudre "contradictions internes et ambiguïtés», leur «grammaire du consentement» s’effiloche dans les années 1970. Le livre est bien documenté, bien informé et astucieux. Il remet en question les conceptions traditionnelles de la Révolution tranquille québécoise et réussit à démontrer la richesse et la vitalité de la société québécoise tout en identifiant l’un des moteurs de ses connexions mondiales.

Joan Sangster. Transforming Labour; Women and Work in Post-War CanadaCe livre propose une étude complexe et nuancée du travail des femmes au Canada à l’époque de l’accord «fordiste» entre le Capital, l'État et le Travail dans les 25 années suivant la Deuxième Guerre mondiale. Il montre comment les femmes ont fait avancer la cause de l'égalité entre les sexes et comment elles ont contesté les a priori de l'accord fordiste.
Fruit de plusieurs années de recherche, le livre privilégie une approche matérialiste de l’histoire du travail. Il confirme la vitalité de ce courant historiographique, contribuant du même coup à l'histoire des travailleuses et, plus généralement, à l’étude du travail dans les années fordistes d’après-guerre.

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2010

Béatrice Craig. Backwoods Consumers and Homespun Capitalists. The Rise of a Market Culture in Eastern Canada.

Backwoods Consumers and Homespun Capitalists représente une contribution majeure et originale à l’histoire sociale et économique du Canada. Cet ouvrage qui se penche sur l’émergence d’une économie capitaliste dans la haute vallée de la rivière Saint-Jean pose des questions fondamentales pour notre compréhension des transformations économiques du XIXe siècle. Bien plus qu’une micro-histoire des pratiques et des rationalités à l’œuvre chez divers acteurs de cette région isolée, son propos nous convie, en effet, à un réexamen de la théorie des produits générateurs (staples) et des typologies qui ont opposé l’agriculture de subsistance à l’agriculture commerciale, le commerce local au commerce international et la production à la consommation comme facteurs explicatifs de l’entrée du monde rural dans une culture de marché. Ce faisant, Backwoods Consumers and Homespun Capitalists démontre de manière éclatante qu’une étude locale minutieusement menée peut alimenter la réflexion sur des enjeux cruciaux qui dépassent largement son objet et son terrain d’enquête.

Cette analyse du développement économique de la Madawaska fait ressortir toute la complexité des dynamiques à l’œuvre dans l’articulation du marché local aux marchés régionaux et international et surtout la part qu’y ont pris les individus ou groupes d’individus, leur adaptation aux conditions économiques changeantes et les motivations qui les animaient. Elle montre que cette économie régionale a certes été influencée par l’industrie forestière, mais aussi, et bien avant elle, par les activités de production, de consommation et d’échanges dans lesquelles étaient engagés les fermiers, les marchands, les entrepreneurs et les familles. Tout en mettant en évidence la multiplicité des facteurs — économiques mais aussi politiques et culturels —, qui s’entrelacent pour expliquer le développement de la Madawaska, ce livre suggère que l’idée même d’une transition capitaliste doit être remise en question, des éléments capitalistes et non capitalistes ayant toujours coexisté dans les économies émergentes de l’Amérique du Nord. De même, cet ouvrage rappelle que les acteurs sociaux qui ont participé au développement des marchés n’étaient pas nécessairement animés par une mentalité capitaliste, les contraintes sociales et les préférences culturelles ayant aussi un rôle à jouer dans leurs actions et leurs prises de décision. Fondé sur une large variété de sources qui ont mené à la constitution de banques de données patiemment constituées et habilement exploitées, Backwoods Consumers and Homespun Capitalists engage un dialogue des plus stimulants avec l’historiographie canadienne et internationale, et jette un regard novateur sur les régions de colonisation qui fera date. Ouvrage de grande érudition, il représente un modèle du genre.

 Mentions honorables :

Lara Cambpell. Respectable Citizens: Gender, Family, and Unemployment in Ontario's Great Depression.

Ouvrage soigneusement construit et solidement documenté, Respectable Citizens s’intéresse non seulement aux difficultés matérielles vécues par les familles ontariennes durant la Crise des années 1930 ainsi qu’aux stratégies de survie et aux protestations sociales que ces difficultés ont suscitées, mais également à leur impact sur la redéfinition de la citoyenneté et sur la formation de l’État libéral. Situé à la croisée de plusieurs historiographies, ce livre propose une lecture originale de cette période sombre de l’histoire canadienne en insistant sur les interrelations entre le privé et le public. Il montre que les arrangements domestiques et les réclamations adressées à l’État de manière individuelle ou plus organisée reposaient sur une conception largement répandue des rapports de genre fondée sur l’adhésion à l’idéal du couple pourvoyeur-ménagère et sur une vision des droits citoyens liée à l’appartenance au groupe anglo-celtique. Puisant à des sources diversifiées qui soutiennent de manière éloquente la démonstration, Respectable Citizens révèle que c’est au nom de leurs devoirs familiaux définis en termes « genrés », de leur respectabilité comme citoyens d’ascendance britannique et de leur adhésion à l’éthique du travail que les Ontariens ont demandé à l’État davantage de services et de mesures de soutien économique, des considérations qui ont été incorporées dans la mise en place des politiques sociales à partir de la Seconde Guerre mondiale.

Ainsi, au regard de l’analyse riche et nuancée que nous offre Laura Campbell, les années 1930 apparaissent comme une période transitoire vers la mise en place d’un État providence canadien auquel la population elle-même aura contribué. Ces conclusions apparaissent d’autant plus stimulantes que l’étude ne se confine pas aux seules réalités urbaines, mais se penche également sur les conditions en milieu rural et dans l’arrière-pays. Cet ouvrage, qui met à contribution une large variété de sources et une série de concepts élaborés par la recherche féministe et la nouvelle histoire politique, constitue donc un ajout de taille à notre connaissance des années 1930 et deviendra certainement une référence incontournable pour comprendre cette décennie et celle qui l’a suivie. 

Bryan D. Palmer. Canada's 1960s. The ironies of Identity in a Rebellious Era. 

L’ouvrage de Bryan D. Palmer, Canada’s 1960s,cherche à comprendre cette période particulièrement agitée de notre histoire qui a profondément marqué la mémoire collective. L’originalité de cet essai tient au fait que loin de se concentrer sur la contre-culture qui en est venue à la symboliser, il s’interroge sur l’impact de cette décennie sur l’identité nationale canadienne en accordant une attention toute particulière aux différents mouvements de protestations qui l’ont traversée. À partir d’une série d’études de cas choisis pour leur exemplarité, Canada’s 1960 soutient que durant les années 1960 l’ancienne identité nationale canadienne fondée sur l’appartenance à l’Empire britannique a été définitivement démantelée sous les assauts répétés d’événements de divers ordres, mais surtout de luttes sociales, économiques et politiques, ce bouillonnement générant une incertitude et une ambivalence qui ont empêché la construction d’une nouvelle identité nationale unifiée.

Écrit dans un style incisif et souvent caustique, Canada’s 1960 montre qu’il est possible de faire une lecture cohérente d’une décennie souvent associée au « chaos ». Ce projet intellectuel d’envergure, qui allie la recherche dans les sources au recours à de très nombreux écrits d’historiens et autres intellectuels, offre une perspective éclairante et un cadre interprétatif renouvelé au sujet d’une période des plus mouvementées. Si plusieurs des épisodes considérés sont bien connus et ont fait l’objet d’études séparées, la grande force de cet ouvrage est de nous les présenter de manière intégrée, ce qui en élargit la compréhension. Au final, Canada’s 1960 offre donc, de l’aveu même de son auteur, une synthèse encore partielle, mais néanmoins impressionnante, d’une époque pas si lointaine, témoignant d’une grande érudition.

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 2009

McKay, Ian. Reasoning Otherwise. Leftists and the People's Enlightenment in Canada, 1890-1920. Toronto, Between The Lines.

Plutôt que d’examiner l’histoire des groupes, partis et organisations issus de cette «première formation» (first formation) de socialistes, comme l’ont fait d’autres historiens avant lui, McKay examine plutôt le contexte social, économique, culturel et intellectuel qui a présidé à leur émergence.  C’est surtout là où repose la grande force et toute l’originalité de cet ouvrage.  Utilisant une stratégie de reconnaissance, dont il a développé les  prémisses dans son premier opus Rebels, Reds, Radicals : Rethinking Canada’s Left History, il offre une nouvelle vision de cette gauche et de l’héritage qu’elle a légué à ses successeurs. D’un œil sympathique, mais toujours critique, il examine le parcours biographique et politique, mais surtout les influences intellectuelles (notamment Spencer, Darwin et Marx) et l’évolution de la pensée de plusieurs de ses figures de proue, éclairant ainsi sous un nouveau jour les débats ou les prises de positions souvent contrastées de plusieurs de ces activistes sur la question de la classe, de la religion, des femmes, de la race et de la démocratie. Loin d’apparaître comme un groupe univoque, monolithique ou dogmatique, la gauche que dépeint McKay se révèle multiple, en constante évolution et engagée dans une réflexion qui a des incidences majeures sur la nature de ses actions, les luttes qu’elle entreprend et les tactiques qu’elle déploie.  Toujours nuancée, sa démonstration fait montre de la très grande érudition de son auteur qui analyse en profondeur les textes fondateurs de cette première formation pour mieux en comprendre les stratégies d’actions. Il en résulte un ouvrage à la fois solide et fascinant qui redonne à la gauche une profondeur qui lui manquait.

Mentions honorables :

Baskerville, Peter.  A Silent Revolution? Gender and Wealth in English Canada, 1860-1930. Montréal, MQUP.

Peter Baskerville examine l’évolution de la richesse des femmes à Victoria et à Hamilton en se fondant sur les recensements, les cadastres, les dossiers de succession, les testaments, l’inscription à la cote des actions bancaires et sur les actions des compagnies d’assurance. À partir de cette information, qu’il manipule intelligemment, il soutient qu’un profond changement social est venu transformer la répartition des richesses et la participation économique des hommes et des femmes à partir du 19e siècle jusqu’au début du 20e siècle dans le Canada anglais. C’est en bonne partie grâce aux nombreuses lois sur les biens de la femme mariée ainsi qu’à l’évolution des habitudes sociales que les femmes mariées, les veuves et les femmes célibataires ont commencé à se faire une place de plus en plus importante dans le monde du capital en milieu urbain et à participer à un large éventail d’activités en tant que propriétaires, entrepreneures et investisseuses. Mais bien que cette progression témoigne d’une orientation commerciale associée à une citoyenneté libérale, l’auteur nous rappelle que les inégalités sont toujours présentes. Ce livre dresse un portrait nouveau de la richesse des femmes en milieu urbain. En effet, il aborde bien des aspects que les historiens canadiens ont à peine effleurés en ce qui concerne l’héritage urbain et toute une gamme de pratiques qui a permis aux hommes comme aux femmes de déclarer aux recenseurs vivre selon leurs propres moyens.

Dechêne, Louise. Le Peuple, l'État et la Guerre au Canada sous le Régime français. Montréal, Boréal.

Le peuple, l’État et la guerre au Canada sous le Régime français réinterprète l’histoire de la Nouvelle?France en mettant le conflit militaire au coeur de la vie des gens, de la société et des stratégies de l’État, puis en situant la société au centre des combats, de l’armée et de la guerre. Louise Dechêne considère les besoins militaires et en conclut que le rôle qu’a joué l’État dans la vie des colons est plus important que celui que lui attribuent la plupart des historiens. On exigeait beaucoup des colons en temps de guerre non seulement en matière d’impôt, mais également en charge de travail, travail qu’on voulait productif. Contrairement aux stéréotypes qui dominaient alors et qui sont toujours présents, elle donne à penser que les Canadiens n’étaient pas des batailleurs acharnés. En effet, c’est plutôt à contrecoeur que les hommes joignaient la milice ou l’armée puisque leur absence allait priver les fermes de force de travail et les familles, de protection. Elle dépeint les milices locales, variant des villes à la campagne, certes à peu près toutes pauvrement armées et entraînées : elles allaient se battre lorsque nécessaire pour protéger les familles et la terre, pour montrer leur loyauté envers le roi. Elle ajoute également que les habitants de la Nouvelle?France ne se sont pas forgé une identité les différenciant des soldats français ou des nouveaux immigrants qui venaient constamment remplir leurs rangs. Qui plus est, l’historienne insiste sur l’importance stratégique et numérique des alliés amérindiens dans les escarmouches, les raids et les batailles de la Nouvelle?France qui a fait d’eux la principale force militaire de la colonie. Sa recherche est exhaustive, ses arguments, brillamment fondés, si bien que sa réinterprétation magistrale du régime français au Canada aborde à peu près tous les enjeux historiographiques concernant la Nouvelle?France. Hélène Paré, Sylvie Dépatie, Catherine Desbarats et Thomas Wein ont révisé et complété le livre qu’a laissé inachevé Louise Dechêne lorsqu’elle est décédée en 2000. Le comité honore leur formidable travail qui a rendu ce livre remarquable accessible aux chercheurs.

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2008

Franca Iacovetta.  Gatekeepers: Reshaping Immigrant Lives in Cold War Canada, Toronto, Between the Lines, 2006.

Dans cette analyse dynamique, intéressante et probante, Mme Iacovetta explore l’interaction entre les agents d’immigration, les intervenants sociaux, les journalistes ainsi que les divers autres Canadiens qui s’occupent de l’accueil et les immigrants européens qui sont arrivés ici après la Deuxième Guerre mondiale. Gatekeepers fait le lien entre les hautes politiques entourant les événements internationaux et les politiques personnelles de la famille, de l’identité et du moi. Cet ouvrage montre comment les personnes d’autorité exerçaient la surveillance, censuraient et poussaient les nouveaux arrivants de diverses situations d’après-guerre à devenir de dignes citoyens canadiens. Il démontre comment les histoires des immigrants, leurs réussites et leurs échecs étaient intégrés dans le plus vaste contexte de l’endiguement de la guerre froide, la promotion de la famille et le nouvel ordre des sexes au cours de la période de l’après-guerre. Mme Iacovetta s’inspire avec adresse et humanité d’une vaste gamme de sources afin de jeter la lumière sur les coûts de la guerre, de l’intégration et de la citoyenneté qu’exigeait l’assentiment des contrôleurs d’accès. Inspiré en particulier de la situation de Toronto et de l’Ontario, Gatekeepers apporte une importante contribution plus générale aux histories de l’immigration, des sexes et de la période de l’après-guerre au Canada et ailleurs.

Mentions honorables :

Robert Bothwell.   Alliance and Illusion Canada and the World, 1945-1984, Vancouver, University of British Columbia Press, 2007. 

Alliance and Illusion est une synthèse superbement rédigée, qui prend sa source dans la maîtrise de la vaste documentation sur la période suivant la Deuxième Guerre mondiale, complétée par les mémoires de politiciens et de fonctionnaires et par des sources de première main sélectionnées. Robert Bothwell explore les forces à l’intérieur et à l’extérieur du Canada qui ont forgé les relations extérieures, honorant les talents des agents clés, révélant l’aveuglement plus qu’occasionnel d’un pays relativement petit qui se vente d’avoir un sens démesuré d’influence et d’autonomie, et soulignant les réalités des contraintes exigées par les alliances. Il s’agit d’un livre qui mérite de d2009-06-13re de susciter un débat engagé.

Cynthia ComacchioThe Dominion of Youth: Adolescence and the Making of a Modern Canada, 1920-50.  Waterloo, Wilfrid Laurier University Press, 2006.

The Dominion of Youth établie le lien entre les anxiétés entourant la jeunesse, les générations, grandir au Canada et la crise de croissance d’une jeune nation, en quête de sa propre identité entre les années 1920 et 1950. Mme Comacchio suggère que la jeunesse et la nation cherchaient à être modernes. C’était la modernité elle-même de la jeunesse qui inquiétait les générations plus vieilles; et les méthodes modernes des observateurs de la jeunesse, qui exacerbaient les inquiétudes quant à l’adolescence comme période de crise. Alors que d’autres chercheurs se sont intéressés en particulier à la délinquance juvénile, Cynthia Comacchio innove en cherchant à explorer à quoi ressemblait la croissance de la plupart des jeunes Canadiens, en tenant compte des différentes classes, des régions et à l’occasion de l’ethnicité. Se fondant sur toute une génération de recherches sur l’adolescence, The Dominion of Youth fait valoir que l’adolescence a adopté sa forme moderne entre les deux guerres, alors que la signification de cette étape de la vie a été redéfinie par rapport aux autres étapes, et que l’État s’engageait davantage dans le soutien des citoyens. Adolescents, théoriciens, experts et décideurs ont tous modelé ce processus. Abondamment documenté, surtout dans les archives de l’Ontario et les sources imprimées, ce livre apporte une importante contribution à l’histoire de la jeunesse, à l’histoire de la famille et à la l’histoire canadienne de façon plus générale.

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2007

Tina Loo.  States of Nature.  Conserving Canada’s Wildlife in the Twentieth Century, Vancouver, University of British Columbia Press, 2006.

Dans un style vivant et admirable, Tina Loo décrit l’émergence de la sensibilité à la conservation de la faune au Canada, de la fin du 19e siècle jusqu’aux années 1970. En examinant la manière dont la gestion et la préservation de la nature ont basculé du « local » au « national » durant cette période, elle identifie les grands acteurs de ce mouvement et les valeurs qui sous-tendent leur discours. À la lecture de States of Nature, les motivations et les convictions des différents intervenants apparaissent clairement et dans toute leur complexité. La réglementation accrue de l’État concernant la préservation des espèces soulève des réactions de la part des chasseurs sportifs, des ruraux, des travailleurs et des Premières nations, en plus de modifier le rôle des biologistes, des organisations écologistes, des associations et des compagnies. À travers différentes études de cas judicieusement choisies, très bien documentées et présentées chronologiquement, les expériences concrètes et les représentations de la nature s’entrecroisent, s’opposent à l’occasion. Ressources à gérer, images d’un monde vierge à préserver, lieux d’intégration de l’humain et de la vie sauvage, la nature et la faune prennent différents visages au fil des ans et se trouvent investies de valeurs parfois difficilement conciliables.

Avec une habileté remarquable, Loo réussit à combiner les subtilités théoriques, la profondeur argumentative et une très grande accessibilité. De par son style et son sujet d’une troublante actualité, cet ouvrage saura rejoindre à la fois un large public et les historiens soucieux de rigueur et avides d’interprétations novatrices.  States of Nature s’impose d’ores et déjà comme un incontournable de l’histoire environnementale et se distingue comme la contribution historiographique la plus significative de la cuvée 2006.

Mention honorable :

Donald FysonMagistrates, Police, and People.  Everyday Criminal Justice in Quebec and Lower Canada, 1764-1837, Toronto, UTP, Osgoode Society for Canadian Legal History, 2006. 

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2006

Michael GauvreauThe Catholic Origins of Quebec’s Quiet Revolution, 1931-1970, Montréal and/et Kingston, McGill-Queen’s University Press, 2005

Mention honorable :

N.E.S. GriffithsFrom Migrant to Acadian: A North American Border People, 1604-1755. Montréal and/et Kingston, Canadian Institute for Research on Public Policy Administration, McGill-Queen’s University Press, 2005

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2005

Dominique DeslandresCroire et faire croire. Les missions françaises au XVIIe siécle (1600-1650). (Paris, Fayard, 2003)

Mention honorable :

Peter PopeFish into Wine: The Newfoundland Plantation in the Seventeenth Century. (Chapel Hill NC: University of North Carolina Press and Omohundro Institute of Early American History and Culture, 2004)

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2004

Jerry BannisterThe Rule of the Admirals: Law, Custom and Naval Government in Newfoundland, 1699-1832. (Toronto: Osgoode Society for Canadian Legal History / University of Toronto Press, 2003)

Mentions honorables :

Terry CrowleyMarriage of Minds: Isabel and Oscar Skelton Reinventing Canada. (Toronto: University of Toronto Press, 2003)

Suzanne MortonAt Odds: Gambling and Canadians, 1919-1969. (Toronto: University of Toronto Press, 2003)

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2003

Cole HarrisMaking Native Space. Colonialism, Resistance, and Reserves in British Columbia. UBC Press, 2002

Mention honorable :

Colin Coates and Cecilia MorganHeroines and History. Representations of Madeleine de Verchères and Laura Secord. University of Toronto Press, 2002

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2002

Bruce CurtisThe Politics of Population. State Formation, Statistics, and the Census of Canada, 1840-1875. University of Toronto Press, 2001

Mentions honorables :

Laurel Sefton MacDowellRenegade Lawyer. The Life of J.L. Cohen. University of Toronto Press, 2001

Alan MacEachernNatural Selections. National Parks in Atlantic Canada, 1935-1970. McGill-Queens University Press, 2001

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2001

Nancy ChristieEngendering the State: Family, Work, and Welfare in Canada. Toronto: University of Toronto Press, 2000

Mentions honorables :

Gerald FriesenCitizens and Nations: An Essay on History, Communications, and Canada. Toronto: University of Toronto Press, 2000

Yvan LamondeHistoire sociale des idées au Québec (1760-1896), Vol I. Montréal, Fides, 2000

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2000

H.V. NellesThe Art of Nation-Building: Pageantry and Spectacle at Quebec's Tercentenary. Toronto: University of Toronto Press, 1999

Mentions honorables :

Patrice GroulxPièges de la mémoire : Dollard des Ormeaux, les Amérindiens et nous. Hull, Vents d'Ouest, 1998

Michael BlissWilliam Osler. A Life in Medicine. Toronto: University of Toronto Press, 1999

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1999

Mary-Ellen KelmColonizing Bodies: Aboriginal Health and Healing in British Columbia, 1900-1950. (UBC Press)

Mentions honorables :

Donald H. AveryThe Science of War: Canadian Scientists and Allied Military Technology during the Second World War. (University of Toronto Press)

Dominique MarshallAux origines de l'État-providence. (Presses de l'Université de Montréal)

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1998

Jonathan F. VanceDeath So Noble: Memory, Meaning, and the First World War, (UBC Press)

Mentions honorables :

Elizabeth VibertTraders' Tales: Narratives of Cultural Encounters in the Columbia Plateau, 1807-1846, (University of Oklahoma Press)

James W. St. G. Walker'Race,' Rights and the Law in the Supreme Court of Canada, (The Osgood Society for Canadian Legal History and Wilfrid Laurier University Press, 1997)

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1997

Gérard BouchardQuelques arpents d'Amérique, (Montréal: Boréal)

Mentions honorables :

Bruce KiddThe Struggle for Canadian Sport, (University of Toronto Press)

James R. MillerShingwauk's Vision: A History of Native Residential Schools, (University of Toronto Press)

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1996

Jan NoelTemperance Crusades Before Confederation, (University of Toronto Press)

Mentions honorables :

René HardyLa Sidérurgie dans le monde rural: Les hauts fourneaux du Québec au XIXe siècle, (Les Presses de l'Université Laval)

Colin D. HowellNorthern Sandlots: A Social History of Maritime Baseball, (University of Toronto Press)

Patricia JasenWild Things: Nature, Culture, and Tourism in Ontario, 1790-1914, (University of Toronto Press)

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1995

Harold KalmanA History of Canadian Architecture, 2 Vols. (Oxford University Press)

Mention honorable :

Ian McKayThe Quest of the Folk: Antimodernism and Cultural Selection in Twentieth-Century Nova Scotia (McGill-Queen's University Press)

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1994

Bettina BradburyWorking Families: Age, Gender and Daily Survival in Industrializing Montreal (McClelland and Stewart)

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1993

Olive Patricia DickasonCanada's First Nations: A History of Founding Peoples from Earliest Times (McClelland and Stewart Inc./University of Oklahoma Press)

Mentions honorables :

Ruth A. FragerSweatshop Strife: Class, Ethnicity, and Gender in the Jewish Labour Movement of Toronto 1900-1039 (University of Toronto Press)

Franca IacovettaSuch Hardworking People: Italian Immigrants in Postwar Toronto (McGill-Queen's University Press)

Yves LandryOrphelines en France pionnières au Canada: les Filles du roi au XVIIe siècle (Leméac Editeur Inc.)

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1992

Julia A. CruikshankLife Lived Like a Story: Life Stories of Three Yukon Native Elders (UBC Press/University of Nebraska Press)

Mentions honorables :

Peter S. SchmalzThe Ojibwa of Southern Ontario (University of Toronto Press)

Michael GauvreauThe Evangelical Century, College and Creed in English Canada from the Great Revival to the Great Depression (McGill-Queen's University Press)

Wendy MitchinsonThe Nature of Their Bodies. Women and Their Doctors in Victorian Canada (University of Toronto Press)

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1991

Joy ParrThe Gender of Breadwinners: Women, Men and Change in Two Industrial Towns, 1880-1950

Mention honorable :

Eric W. Sager with Gerald E. PantingMaritime Capital: The Shipping Industry in Atlantic Canada, 1820-1914

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1990

John EnglishShadow of Heaven: The Life of Lester Pearson, Vol. I; 1897-1948 (Lester and Orpen Dennys)

Mentions honorables :

Eric W. SagerSeafaring Labour: The Merchant Marine of Atlantic Canada, 1820-1914 (McGill-Queen's University Press)

William WestfallTwo Worlds: The Protestant Culture of Nineteenth Century Ontario (McGill-Queen's University Press)

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1989

Veronica Strong-BoagThe New Day Recalled: Lives of Girls and Women in English Canada, 1919-1939

Mentions honorables :

Peter NearyNewfoundland in the North Atlantic World, 1929-1949

Bruce S. ElliottIrish Migrants in the Canadas: A New Approach

Craig HeronWorking in Steel: The Early Years in Canada, 1883-1935

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1988

From the Beginning to 1800, volume I of the Historical Atlas of Canada, edited by R. Cole Harris with G.J. Matthews as cartographer

Mentions honorables :

Ian RadforthBushworkers and Bosses: Logging in Northern Ontario, 1900-1980

Suzanne Zeller, Inventing Canada: Early Victorian Science and the Idea of a Transcontinental Nation

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1987

Christopher Armstrong and H.V. NellesMonopoly's Moment. The Organization and Regulation of Canadian Utilities, 1830-1930

Mentions honorables :

Margaret ConradGeorge Nowlan

Ruth Roach PiersonThe're Still Women

Doug OwramThe Government Generation

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1986

Allan GreerPeasant, Lord, and Merchant. Rural Society in Three Parishes 1740-1840

Mentions honorables :

T.W. AchesonSaint John. The Making of a Colonial Community

Bruce TriggerNatives and Newcomers: Canada's Heroic Age Reconsidered

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1985

Gerald FriesenThe Canadian Prairies, A History

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1984

Marcel TrudelHistoire de la Nouvelle-France, volume III, La Seigneurie des Cent-Associés, 1627-1663, tome 2, La Société

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1983

Irving Abella and Harold TroperNone is too Many: Canada and the Jews of Europe, 1933-1948

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1982

Paul-André LinteauMaisonneuve: Comment des promoteurs fabriquent une ville, 1883-1918

Mentions honorables :

Christopher Armstrong

Charles Stacey

Graeme Wynn

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1981

Gregory KealeyToronto Workers Respond to Industrial Capitalism 1867-1892

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1980

Maria TippettEmily Carr: A Biography

Mentions honorables :

A.B. McKillopA Disciplined Intelligence: Critical Inquiry and Canadian Thought in the Victorian Era

Bryan PalmerA Culture in Conflict: Skilled Workers and Industrial Capitalism in Hamilton 1860-1914

L.S.F. UptonMicmacs and Colonials: Indian-White Relations in the Maritime Provinces, 1713-1867

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1979

Richard J. DiubaldoStefansson and the Canadian Arctic

Mentions honorables :

Dale MiquelonDugard of Rouen: French Trade to Canada and the West Indies 1729-1770

Howard PainThe Heritage of Upper Canadian Furniture

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1978

Robin A. FisherContact and Conflict: Indian-European Relations in B.C. 1774-1890

Mentions honorables :

John EnglishThe Decline of Politics: The Conservatives and the Party System, 1901-20

A. Ross McCormackReformers, Rebels, and Revolutionaries: The Western Canadian Radical Movement, 1899-1919

Peter Oliver, G. Howard Ferguson: Ontario Tory

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1977

Fernand OuelletLe Bas-Canada 1791-1840: Changements structuraux et crise

Mentions honorables :

Carl BergerThe Writing of Canadian History: Aspects of English-Canadian Historical Writing 1900-1970

Ken AdachiThe Enemy That Never Was: A History of the Japanese Canadians

T.D. RegehrThe Canadian Northern Railways: Pioneer Road on the Northern Prairies 1895-1918

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