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Prix en histoire politique - Meilleur article (de langue française)

Lauréats

2017

Eric Fillion, « Jazz libre : "musique-action" ou la recherche d'une praxis révolutionnaire au Québec (1967-1975) ». Labour / Le Travail 77 (2016), p. 93-120.

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Dans cet article novateur, Eric Fillion examine de manière approfondie le Jazz libre et ses rapports multiples avec les mouvements politiques contestataires au Québec durant les années 1960 et 1970. L'auteur s'inspire de l'historiographie internationale sur le jazz pour bien faire ressortir le contexte transnational auquel se référaient les musiciens du Jazz libre dans leur compréhension de la signification de leurs activités musicales et culturelles. Appuyé sur une recherche exhaustive et offrant une analyse nuancée, l'article de Fillion montre la centralité de la culture et de la démocratie culturelle pour les mouvements sociaux québécois de l'époque.

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2015

François-Olivier Dorais, « Gaétan Gervais : témoin et agent d'une mutation référentielle en Ontario français », MENS Volume 13, numéro 2, printemps 2013.

f-o_dorais_-_political.jpgDans « Gaétan Gervais: témoin et agent d'une mutation référentielle en Ontario français », François-Olivier Dorais se penche sur un sujet somme toute peu fouillé, soit les rapports entre la pensée des intellectuels en milieux francophones minoritaires et les dilemmes identitaires de leurs communautés. À travers l’itinéraire de Gaétan Gervais, historien de l’Université Laurentienne et personnalité incontournable de la vie intellectuelle de l’Ontario français, Dorais retrace la formation d’un nouvel espace intellectuel et l’évolution de la dynamique référentielle franco-ontarienne depuis la fin des années 1960 à aujourd’hui. Cet article richement documenté, finement argumenté et d’une prose élégante imbrique de manière habile des réflexions historiographiques, des éléments biographiques et l’histoire culturelle et sociale de l’Ontario français. Ce faisant, il permet de transcender l’œuvre de Gaétan Gervais pour apprécier les grands questionnements identitaires qui ont traversé la francophonie ontarienne depuis les années 1960. L’auteur parvient également, en cours de route, à montrer l’influence d’un historien engagé sur son milieu, ainsi qu’à faire le pont entre l’historiographie des francophonies minoritaires et les courants historiographiques québécois. 

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2013

Mourad Djebabla, « Le gouvernement fédéral et la diète de guerre proposée et imposée aux Canadiens ». Bulletin d’histoire politique (vol. 20, no 2) Automne 2011.

Cet article comporte plusieurs qualités. Son auteur aborde le thème de la consommation alimentaire pendant la Première Guerre mondiale. Mourad Djebabla montre que la politique canadienne en matière de rationnement est le produit du contexte d’une guerre qui exige la maximalisation des ressources aux fins de la victoire finale, et que cette politique dépend fortement de l’évolution du conflit et des relations internationales. L’auteur analyse les efforts étatiques pour réorienter la production des 3 B (blé, bacon et bœuf) dans le but d’aider les alliés. Enfin, cet article est basé sur de solides sources variées et est appuyé par une analyse fine. ___________________________________________________________________ 

2012

Stéphane Savard, « L’instrumentalisation d’Hydro-Québec par l’Union nationale (1944-1960) : quels rôles pour le développement hydroélectrique? » et publié dans l’ouvrage dirigé par Xavier Gélinas et Lucia Ferretti intitulé Duplessis, son milieu, son époque (Québec : Septentrion, 2010). Cet article s’est nettement distingué par la pertinence du propos et l’originalité de la démarche adoptée par son auteur. 

L’article du professeur Savard porte sur un symbole de la modernité québécoise : la société Hydro-Québec. Son auteur aborde les stratégies de développement de cette société d’État lorsque le Québec était dirigé par le premier ministre Maurice Duplessis, individu connu pour ses convictions conservatrices à l’égard du rôle de l’État dans l’économie. Loin de démanteler cette nouvelle société d’État, créée par son prédécesseur Adélard Godbout, Maurice Duplessis attribue à ce nouvel organisme étatique des responsabilités dans le domaine du développement industriel et régional. De plus, il fait de cette société d’État un symbole de l’innovation technologique et scientifique qui permet à des francophones d’œuvrer dans des secteurs dans lesquels peu d’entre eux travaillaient. La partie consacrée à la symbolique d’Hydro-Québec comme une entreprise capable de domestiquer les forces de la nature est innovatrice. Utilisant notamment les débats parlementaires de l’Assemblée législative du Québec, l’article révèle les stratégies poursuivies par la société d’État.

 
 
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