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La réaction de la SHC à l'exposé sur le renouvellement de l’architecture des programmes du CRSH

Le gouvernement fédéral désire éliminer le formulaire détaillé du recensement obligatoire du Canada pour le remplacer par un sondage volontaire. La SHC a rédigé la lettre suivante à ce sujet.

L’Honorable Tony Clement
Ministre de l’industrie
Le 9 avril, 2010


Monsieur Chad Gaffield, Président
Conseil de recherches en sciences humaines
340, rue Albert
Boîte postale 1610
Ottawa, ON K1P 6G4  



Cher Chad,

Je vous écris au nom du comité exécutif de la Société historique du Canada en réaction à l’avis que le Conseil de recherches en sciences humaines acceptera des observations sur son document intitulé “Exposé sur le renouvellement de l’architecture des programmes du CRSH” ultérieurement à la date d’échéance initiale du 31 mars, 2010.

Premièrement, permettez-moi d’expliquer que notre délai à répondre reflète plutôt une abondance de préoccupations, notamment les changements à Bibliothèque et Archives Canada, qu’un manque d’intérêt aux changements proposés aux programmes du CRSH.

Deuxièmement, soyez assuré que la SHC/CHA appuie les objectifs de développer une gamme de programmes plus simples et plus flexibles ainsi que le besoin de diffuser largement les résultats parmi les chercheurs ainsi qu’au grand publique.  Comme vous le savez sans doute, les historiens et plus particulièrement les historiens du Canada, se sont depuis longtemps efforcés de disséminer les résultats de leurs recherches et ont souvent collaborés avec d’autres parties afin de définir les agendas de recherche.

Toutefois, nous désirons formuler quelques objections concernant la répartition des comités de subventions, les modifications au processus de sélection et la gestion de la portion financière des subventions de partenariats.

L’idée de diviser ce qui a été jusqu’à maintenant le programme de subventions ordinaires de recherche en deux sections, soit une qui appuie le développement “de nouvelles questions de recherches et de nouvelles approches” et l’autre qui appuie “des initiatives de recherche à long terme”, a une valeur considérable dans la mesure où elle reconnaît les différentes étapes et activités de recherche et offre des subventions de recherche à long terme. Toutefois, les détails du processus opérationnel du comité de sélection ne sont pas décrits adéquatement et pourraient même s’avérer nuisibles.

Pour ce qui est des subventions de développement de la recherche, qu’il n’y ait que cinq comités pour superviser une diversité de disciplines et de domaines multisectoriels nous semble un nombre insuffisant, surtout si, comme le document l’indique, on permet que les comités “soient compressés en un plus petit nombre de comités multidisciplinaires” ou qu’ils “soient séparés pour former des comités plus spécialisés”. Bien qu’il soit possible que cette formule fournisse une plus grande flexibilité et des projets innovateurs, ne pourrait-elle pas aussi confondre les candidats et consommer un effort administratif considérable à la répartition des projets auprès des comités et au remaniement des comités de sélection?

Un autre ensemble de préoccupations s’adresse aux programmes de subventions de développement de la recherche, à savoir si et comment on prévoit gérer la séparation des candidats entre nouveaux chercheurs et chercheurs d’expérience et la séparation des budgets de subventions selon qu’ils soient d’un montant moindre ou substantiel.  Nous doutons de la viabilité d’un seul système de notation des formulaires d’adhésion, et plus particulièrement l’attribution de seulement 20% des points à la réputation et à la productivité des chercheurs d’expérience. Ne serait-il pas préférable de fournir des plans de notation différents entre les nouveaux chercheurs et ceux d’expérience afin de mieux reconnaître la valeur de ces derniers? Nous questionnons aussi l’absence de vérificateurs indépendants pour ce qui à trait aux montants importants du programme de subventions de développement de la recherche.

Bien que le nombre de comités du programme de subventions de développement de la recherche soit plus réaliste, qu’il n’y ait qu’un seul système de notation nous préoccupe. Ici, la norme d’allouer 40% des points au “but et à l’importance du projet”, 40% des points alloués au projet et 20% des points alloués à l’expérience, sous-estime la différence et l’importance de la réputation et de la productivité entre les nouveaux chercheurs et les chercheurs bien établis.

Afin de protéger, à la fois les nouveaux chercheurs et les chercheurs d’expérience, mais aussi afin de démontrer une habileté à exécuter un programme de recherche, un plan de notation distinct serait plus raisonnable.  Si l’on s’inquiète d’une évaluation subjective de l’expérience ou de la compétence, ne serait-il pas possible de fournir aux comités des directives pour cette évaluation?

Pour ce qui est des subventions de partenariat, nous protestons contre l’exigence que les partenaires doivent contribuer un minimum de 50% du montant budgétaire total. En fait, ce pré-requis élimine plusieurs partenariats privés qui pourraient s’avérer importants et innovateurs avec des organismes moins aisés, y compris les petites et moyennes entreprises et la plupart des organisations non-gouvernementales ce qui, de ce fait, modifie la recherche historique et, par conséquent, le récit historique.

J’espère que vous ferez part de nos préoccupations et nos suggestions à vos collègues du CRSHC et que vous nous tiendrez au courant de leurs réactions et, bien entendu, de toutes décisions prises sur ce sujet si important.

Cordialement,

Mary Lynn Stewart

Présidente, Société historique du Canada/ Canadian Historical Association

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