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La SHC répond à l'ACPPU au sujet de la campagne Sauvons Bibliothèque et archives Canada

Ottawa, 26 mars 2012                                                                        


Mr Wayne Peters, président
James L. Turk, directeur général
L’Association canadienne de professeures et de professeurs d’université

Chers messieurs:

Je vous remercie pour votre lettre du 8 Mars 2012 qui énumère vos préoccupations concernant les changements à Bibliothèque et Archives Canada et qui demande le soutien de la Société historique du Canada dans votre campagne d’opposition à ces changements. Nous sommes heureux de constater l’intérêt que porte l'ACPPU envers BAC et nous partageons certaines de vos inquiétudes quant à la modernisation, les acquisitions et le sous-financement chronique de cette institution culturelle essentielle. Cependant, nous, à titre d'organisation professionnelle représentant les historiens, avons une vision divergente sur certains éléments de votre campagne. Nous avons également des approches différentes en ce qui a trait à la meilleure façon de s’y prendre pour influencer BAC et le gouvernement. Bien que nous ayons décidé de ne pas participer à votre campagne, je tiens à vous assurer que la Société historique du Canada joue un rôle actif auprès de BAC au sujet de nos préoccupations communes. Nous voulons nous assurer que les besoins de la communauté des historiens et historiennes du Canada sont considérés dans l’élaboration des services et politiques d'archives et nous œuvrons à ce qu’ils soient ainsi.

Nous jugeons que la campagne de l'ACPPU a combiné deux types de questions qui doivent être abordées indépendamment l’une de l’autre; certaines sont du ressort de BAC alors que d’autres concernant les contraintes de financement ne le sont pas ; ces dernières doivent être adressées au gouvernement. Sur ce dernier point, nous sommes en accord avec cette composante de votre campagne liée au besoin d’exercer un lobbying auprès du ministre du Patrimoine canadien et le Premier ministre pour obtenir plus de ressources.

Sur les questions relevant du mandat de BAC telles que la politique d'acquisition, l'accès aux archivistes spécialisés et autres, nous avons opté de discuter directement avec BAC par le biais d’un processus consultatif. Nous jugeons que ce choix sera forcément plus productif qu'une campagne de confrontation publique qui a malheureusement été lancée sur le thème d’une attaque personnelle fondée sur les compétences des cadres supérieurs à BAC.

Comme nous l'avons indiqué précédemment, la Société historique du Canada a accepté l'invitation de BAC en 2011 de participer aux consultations des parties prenantes nationales et aux groupes de travail reliés à ses initiatives de modernisation. À ce jour, nos représentants ont assisté à plusieurs réunions à la fois aux forums des parties prenantes et aux groupes de travail. Personnellement, je suis en mesure de déclarer que le groupe de travail de l'Agora du marché des acquisitions a réalisé des progrès tangibles dans la mise en place d'un cadre national pour les acquisitions. La SHC a mis en avant une proposition pour que la diversité et l'inclusivité soient des fils conducteurs principaux dans les futures acquisitions d'archives. Les deux participants de la SHC et autres membres de ce groupe de travail ont abondé en ce sens.

En ce qui concerne les changements dans les services directs et les postes vacants ainsi que les acquisitions cités dans votre lettre, nous avons organisé une réunion pour le mois d’avril 2012 avec M. Fabien Lengellé, directeur général des services de BAC. Nous discuterons du nouveau système de rendez-vous et des modifications qui en découlent pour évaluer l’impact qu’ils ont eu sur nos membres et autres chercheurs sérieux et voir si des ajustements sont nécessaires.

Je ne sais trop ce que vous entendez par la réticence de BAC d’accepter des « dons d'artéfacts culturels ». Je crois comprendre que BAC n'a pas pour mandat de recueillir des artefacts autres que des documents d'archives, qu’ils soient textuels, visuels ou sonores et du cinéma. Néanmoins, nous nous pencherons sur cette question dans de plus amples détails.

La SHC aurait conseillé à l'ACPPU, si elle avait été consultée dans l'élaboration de sa campagne, de ne pas se préoccuper de la décentralisation. BAC a déclaré à maintes reprises à la SHC et aux autres parties prenantes qu’elle joue un rôle essentiel, rôle qu’elle accepte d’emblée, de protection du patrimoine documentaire du Canada. Nous serons vigilants pour s'assurer qu'elle remplisse ce mandat. Toutefois, BAC a également affirmé qu'elle n'a pas besoin d'être le dépositaire de toutes les collections s’il existe un dépositaire plus approprié pour certains fonds particuliers. Bien que la SHC estime que certaines collections doivent nécessairement être conservées à BAC, nous sommes d'avis que cela n'est pas toujours nécessaire ou souhaitable de le faire. L’important étant que les collections soient protégées et accessibles aux chercheurs, de préférence à un dépôt accessible pour la majorité des clients potentiels.

Bien que nous partagions plusieurs de vos préoccupations et apprécions l’attention que vous leur portez, nous ne sommes pas opposés à toutes formes de décentralisation comme c’est le cas de votre campagne. Nous sommes d'accord avec vous pour demander davantage de ressources au gouvernement pour BAC et nous allons poursuivre notre campagne de lobbying parallèlement à la vôtre.

Sincèrement,

Lyle Dick
Président
Société historique du Canada

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