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Les purges politiques en Turquie et la SHC

 

 

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Ottawa, 22 juillet 2016 

Premier ministre Justin Trudeau
Cabinet du Premier ministre
80, rue Wellington
Ottawa, Ontario
K1A 0A2

L’honorable Stéphane Dion
Ministre des Affaires étrangères
Chambre des communes
Édifice du Parlement
Ottawa, Ontario
K1A 0A6

Chers Messieurs Trudeau et Dion, 

Nous écrivons cette lettre à titre de chercheurs universitaires et citoyens préoccupés pour exprimer notre profond désaccord avec la situation actuelle en Turquie. Comme historiens, nous sommes particulièrement inquiets des restrictions sur la libre circulation des enseignants et des chercheurs et des menaces qui pèsent sur la liberté académique. Même si nous condamnons fortement la tentative des militaires de renverser le processus démocratique en Turquie par un coup d'État le 15 Juillet 2016, les mesures prises par le président Erdogan depuis sont inacceptables car ce dernier profite de l'occasion pour procéder à une purge massive (suspension de fonctions ou arrestation) de juges, de personnel militaire, de fonctionnaires, de doyens d'université et d’enseignants. Depuis le coup d'État, le nombre total de purges dans les services publics totalise 49 321 personnes.

De plus, le gouvernement turc a suspendu le congé annuel de plus de trois millions de fonctionnaires à l'échelle nationale et les employés du secteur public sont également interdits de voyager à l'étranger. Lors d'une interview avec CNN le 18 Juillet, le président turc Erdo?an n'a pas exclu la possibilité de rétablir la peine de mort. Nous craignons que la justice ne peut être rendue dans une telle situation. Des rapports indiquent que les personnes en détention ne peuvent pas se trouver d’avocat puisque personne n'ose les défendre craignant d'être ajouté à la liste des purges.

La Turquie est signataire de la Convention européenne des droits de l'homme et, en tant que candidate à l'adhésion à l'Union européenne, elle s’est engagée à respecter pleinement les critères de Copenhague, y compris la stabilité des institutions garantissant la démocratie, la primauté du droit, les droits de la personne, le respect et la protection des minorités et l'abolition de la peine capitale. La répression actuelle viole tous ces engagements et ne doit pas être tolérée par l'Union européenne, l'OTAN, ou le gouvernement du Canada qui considère la Turquie comme un allié précieux.

Nous condamnons toute tentative de renverser l'ordre démocratique par des coups militaires. Dans un même temps, nous condamnons les mesures prises par le gouvernement turc en violation de la liberté académique et de la primauté du droit. Le principe de l'indépendance et l'impartialité du pouvoir judiciaire – de même que la liberté des médias - est à la base de la primauté du droit et de la démocratie. L'indépendance politique et la liberté académique de la profession d’éducation sont essentielles pour les sociétés libres. 

Nous exhortons donc le premier ministre Trudeau et le ministre des Affaires étrangères Dion à critiquer fermement la violation des droits de la personne, la liberté académique et la primauté du droit du gouvernement turc et d'accepter rien de moins que le renversement de ces politiques autoritaires.

Joan Sangster
Présidente
Société historique du Canada 

Réponse du ministre Dion
Le 4 octobre 2016

 

 

 

 

 

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